Art Souterrain

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Frédéric Loury

COMMISSAIRE PRINCIPAL

 

Labor Improbus découle du positionnement du festival dans le centre-ville de Montréal ainsi que de l’évolution remarquable des outils de travail au sein de l’occident. Chaque jour, plus de 300 000 individus circulent sur notre territoire d’exposition en destination des nombreux espaces de bureaux. Les travailleurs constituent par le nombre le premier auditoire indirecte de notre événement annuel. Il me semblait pertinent de réfléchir aux notions de labeur, à ses mécanismes diversifiés et contradictoires. Les citoyens n’ont jamais été aussi libres de choisir leur environnement de travail et malgré cela, ils n’ont jamais été aussi corvéables et vulnérables. Il y a cinquante ans, un étudiant définissait ses champs de compétences et demeuraient la majeure partie de sa vie dans le même domaine professionnel.

Cette réalité a bien changé et nous engage tout au fil de notre vie à nous réinventer afin de s’adapter aux changements de l’offre. Le phénomène de mondialisation reste néanmoins la cause d’une uniformisation salariale et d’une recherche effrénée de capitaux. Emprisonné dans un système néo-libéraliste, le travail répond à des codes et des objectifs sans cesse renouvelés de rentabilité et de productivité. Celui-ci devient alors un élément constitutif de l’avènement de la modernité capitaliste.

A la lumière de ces nouveaux enjeux, une vision critique des artistes québécois et étrangers nous aide à détecter les failles et les opportunités du système de l’emploi. Au-delà du traditionnel adage “le travail fait vivre”, il devient progressivement un facteur d’épanouissement personnel, la frontière entre vie privée et vie salariale tend à s’estomper pour laisser place à une nouvelle conception du temps de travail. En constante évolution, le travail se présente comme l’un des enjeux sociaux et culturels de notre siècle, ce qui n’a évidemment pas échappé à l’art contemporain.


La programmation de Labor Improbus repose sur La place du travail dans la société, son rapport à l’individu, ses conditions, son environnement ainsi que sur la non productivité. L’invitation offerte aux deux commissaires s’est articulé autour de plusieurs aspects, la connaissance du territoire d’exposition, la capacité à exposer dans un contexte atypique, à s’adapter aux exigences du thème, au réseau d’artistes internationaux selon les particularités du sujet et à comprendre nos approches en médiation culturelle. Les enjeux étaient nombreux car il ne fallait pas s’orienter seulement vers le documentaire ou la critique négative des notions du travail mais s’ouvrir à de nouvelles avenues en redéfinissant nos comportements dans une approche universelle.

 

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