Art Souterrain

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Jeu et diversion

« C’est rendre un homme heureux, de le divertir de la vue de ses misères » Pascal, Blaise. Pensées. 

La volonté de se divertir est inexorablement liée à la nature humaine. Chaque époque et chaque peuple se caractérisent par ses jeux, ses fêtes, ses musiques ou ses danses. Synonyme de plaisir, de détente et de partage, le jeu est une action limitée dans le temps, sans utilité apparente et suivant des règles librement consenties. 

La nature et la place des activités de loisirs ont évolué au fil des siècles. Le déclin des religions dans les sociétés occidentales, le dogme hédoniste des Lumières ou, plus proche de nous, la modification de l’organisation du travail ont amené à l’avènement d’une « civilisation des loisirs » (J. Dumazier), forgeant un nouvel ordre social.

C’est aujourd’hui une véritable industrie à l’écoute de nos désirs, et nous semblons plus que jamais entourés de propositions pour occuper notre temps libre : Salles de jeux, spectacles, parcs à thème, jeux vidéo (aujourd’hui secteur principal devant le cinéma ou la musique), sport, grandes expositions, télévision, internet…

Le succès des jeux sociaux sur téléphone, accessibles en tout temps, redéfinit les limites spatiales, temporelles et sociales du jeu et transforme nos poches en casino géant. Cela s’étend même au magasinage, aujourd’hui considéré comme une activité de détente, ou encore aux rencontres, qui ont leurs applications ludiques.

En parallèle, les procédés « ludiques » qui développeraient logique, mémoire et concentration sont de plus en plus utilisés comme moyens d'interaction dans divers domaines, pédagogiques ou compétitifs : médecine, écoles, entreprises…  

On parle alors de « gamification » ou « ludification » de la société et tout semble s’accélérer dans un tourbillon agréable où l'effort est indésirable. Cette évolution influe inévitablement sur notre développement en tant qu’individu et sur nos relations.

L’être humain a besoin de se divertir, mais où se trouve le point de rupture entre activités synonymes d’émancipation ou de réflexion et activités qui seraient considérées comme aliénantes ou régressives ? Avons-nous développé « l’amour de notre servitude » comme l’évoque Aldous Huxley dans son ouvrage Le meilleur des mondes, nous laissant guider par des règles définies par d’autres et nous détournant de tout ce qui demande attente et maturation ?

Cette quête perpétuelle d’évasion dénonce-t-elle uniquement une frustration grandissante du réel ou redéfinit-elle notre nature même ? Sommes-nous devenus les « Homo Ludens » évoqués par l’auteur J. Huizingua pour qui le mécanisme du jeu est consubstantiel à la culture ?

 

 

Emeline Rosendo | Frédéric Loury

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